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par Samuel Le Morvan

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Rubrique Accessibilité

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Rubrique Accessibilité

Surdité et Accessibilité : Les moyens techniques

L’accessibilité des sites Internet, cela concerne aussi les personnes atteintes de surdité. Je me suis aperçu que beaucoup de personnes autour de moi sont très peu informés sur le monde des sourds. Je me lance donc sur ce sujet que je connais bien pour simplement partager et vous apporter mon expérience sur ce sujet.

Lire la deuxième partie de cet article « Surdité et Accessibilité »

Voici donc la dernière partie de ce dossier. Plus technique et destinée aux développeurs et intégrateurs, cette partie a pour but de montrer les bonnes pratiques ainsi que les solutions possibles pour améliorer l’accessibilité des sourds sur Internet


Les recommandations et les normes

Au niveau du W3C

Le SMIL c’est « LA » norme recommandée par le W3C depuis la version 2.0 du language en 2001 pour diffuser du contenu multimédia accessible.

SMIL 2.0 facilite les fonctions de recherche et l’accessibilité pour les objets multimédia

Les présentations multimédia peuvent parfois être assimilées à des boîtes noires pour tous ceux qui procèdent à des recherches d’informations sur le Web. Une présentation SMIL étant écrite comme un fichier texte, ce dernier inclut des métadonnées qui peuvent alors faire l’objet d’une recherche.

Le groupe de travail SYMM a travaillé étroitement avec le groupe d’Initiative sur l’Accessibilité du Web (WAI), pour développer un format qui supporte les règles d’accessibilité de contenu sur le Web. Les règles d’accessibilité de la spécification SMIL sont décrites dans un document séparé et indiquent comment les développeurs d’applications et de logiciels peuvent créer des présentations et des programmes pouvant être consultés par une audience la plus large possible.

Source W3C.

Qu’est-ce que le SMIL ? Il s’agit d’un langage balisé permettant de synchroniser plusieurs éléments pour réaliser des objets multimédia. Ce format est supporté par RealPlayer et Quicktime mais très peu répandu à l’heure actuelle.

Voici quelques liens pour éventuellement vous initier à ce langage :

Au niveau d’Accessiweb

Les critères d’accessibilité multimédia ciblant les sourds se résument du point 4.1 au 4.6 sur le référentiel 1.1.

  • Chaque objet multimédia a-t-il si nécessaire une transcription textuelle (hors cas particuliers) ?
  • Pour chaque objet multimédia ayant une transcription textuelle, cette alternative est-elle pertinente ?
  • Chaque objet multimédia a-t-il si nécessaire des sous-titres synchronisés avec le contenu multimédia (hors cas particuliers) ?
  • Pour chaque objet multimédia ayant des sous-titres synchronisés avec le contenu multimédia, ces sous-titres sont-ils pertinents ?
  • Chaque objet multimédia a-t-il si nécessaire une audio-description synchronisée avec le contenu multimédia (hors cas particuliers) ?
  • Pour chaque objet multimédia ayant une audio-description synchronisée avec le contenu multimédia, cette audio-description est-elle pertinente ?

La réalité des choses

Il faut bien se rendre à l’évidence que c’est Flash qui a la main mise sur le format vidéo sur Internet. Il suffit d’observer les sites de partages de vidéos qui n’utilisent que des players Flash.

A l’heure actuelle, Flash n’est pas accessible à 100% et son format ne favorise pas la mise en place de sous-titres puisque la technologie d’Adobe n’est pas destinée exclusivement au format vidéo.

Certains développeurs travaillent d’arrrache-pied pour rendre le Flash accessible et on voit sortir quelques initiatives de temps en temps.

A propos de Youtube, j’ai trouvé deux initiatives utilisant l’API du site de partage n’ayant pas pour but premier d’offrir une alternative accessible mais donnent des pistes quant à des alternatives accessibles.

What did the candidates say ?
Le but est d’identifier sur une ligne de temps des mots clefs dans une vidéo via une recherche. Toute la restitution est déjà faite et on peut imaginer avec ce système que la synchronisation pourrait être intégrée facilement.
YouTube captioner
Ce script de Christian Heilmann (conférencier à ParisWeb 2007) permet de générer un transcript au fur et à mesure du déroulement de la vidéo. On peut facilement imaginer de restituer des sous-titres au lieu du transcript pour délivrer une alternative au son.

Des solutions pour l’avenir

L’inconvénient majeur des retranscriptions orales ou écrites des vidéos est qu’elles sont entièrement manuelles. L’avancement technologique nous permettra un jour peut-être d’automatiser ces retranscriptions. IBM se révèle à la pointe dans ce domaine dans leurs recherches et développements.

Pour la langue des signes

Des étudiants sponsorisés par IBM, développent le programme SiSi (Say It, Sign In), qui via une reconnaissance vocale traduit en langue des signes. Même si cette application est très interessante elle est tout de même limitée.

Notamment sur l’expression du visage qui fait partie intégrante de la langue des signes. De même, la langue des signes n’est pas universelle, il existe beaucoup de différences entre les signes des différents langages. En effet, par exemple, la langue des signes française est différente de l’américaine.

Cette annonce sur Sisi a été dévoilé il y a presque un an mais depuis plus de nouvelles. J’attends donc impatiemment des nouvelles sur l’avancée de son développement.

Pour les sous-titres

Lors de l’édition de Paris Web 2007, Jean-Louis Carvès nous a présenté son outil semi-automatique de génération de sous-titres destiné à la télévision.

Ce logiciel permet de retranscrire dans un premier temps les paroles détectées dans une vidéo, puis une correction en direct du résultat est faite par un correcteur humain. Ce système est d’ailleurs utilisé pour les sous-titrages du journal de TF1.

Le principe de fonctionnement est très interessant, et on ne demande qu’a ce qu’elle soit expérimentée sur des vidéos prévues pour le format Web. Il restera plus qu’a trouver des volontaires pour effectuer les corrections des milliers de vidéos qui inondent le Web chaque jour…


La finalité de cette suite d’articles nous amène à constater que le combat est loin d’être gagné pour améliorer l’accessibilité d’Internet pour les sourds et mal-entendants. Cependant, le Web et toute une communauté de développeurs s’atèlent à ce que cette accessibilité s’améliore chaque jour.

C’est donc avec un certain espoir que nous pouvons imaginer l’amélioration de l’accessibilité. C’est un combat de tous les jours pour faire changer les mentalités et je vous inicite à la promouvoir vous aussi !


Voilà ! J’espère que cette suite d’articles vous a interessé et vous a permis de découvrir le monde des sourds et ses usages sur Internet. Je ne me pose pas comme un référant sur ce sujet mais j’essaye juste de partager mon expérience pour tenter de lever un flou qui règne sur le sujet.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser dans les commentaires. Celà pourra peut-être déboucher sur d’autres articles sur le sujet si ceux-ci vous ont plu !

En attendant je vous donne rendez-vous à ParisWeb 2008 le 13, 14 et 15 Novembre où si tout va bien je serai présent pour la troisième fois consecutive.


Ce que nos lecteurs en disent :

  1. Guillaume "Lord Covenant" W.

    Bravo pour votre excellent article, Shemu, où vous décrivez superbement les problèmes d’accessibilité pour les sourds. Ma copine et moi-même sommes sourds de naissance et avons été scolarisés en milieu intégré, c’est-à-dire au milieu des entendants.
    Ma copine est aujourd’hui professeur en freelance de Langue des Signes Française et possède son site internet. Je lui enverrai un lien vers votre article et, étant donné votre forte implication, la qualité de votre article et possédant une rubrique "lien divers" sur son site, il se pourrait fort qu’elle ait envie de vous y ajouter. Lui permettriez-vous de le faire ?
    En tout cas, encore merci pour votre super article !

    • Shemu

      Merci à toi pour ton retour !

  2. Jacky

    Un grand coup de chapeau pour cet article. Je suis handicapé moteur 80° et malentendant de naissance et sans téletexte TV (malheureusement pas pour tout) on ne pourrait rien connaitre du monde. On est déjà isolé lorsqu’il y a plusieurs personnes. Par contre au niveau teléphone il y a peu de progrès. Pourquoi ne pas inventer un tel avec écran pour lire la communication ? C’est vrai je ne suis injénieur !
    Merci encore et c’est grace à des blogs comme le votre que je découvre que l’on peut y croire

  3. Antonio

    Félicitations pour ce dossier complet et instructif. Je suis entendant et je suis des cours de langue des signes depuis deux ans. Une autre difficulté de la LSF est son régionalisme. J’habite en Suisse et certains signes sont différents de ceux Français. Même entre divers cantons (départements), des nuances existent.

    C’est en tout cas plaisant de voir que des efforts sont fournis pour faciliter l’accès à l’information.

  4. streaming

    Merci pour cet article, j’ai appris deux trois petites choses intéressantes :) .
    Il est important de créer des sites accessible à tout le monde, très peut malheureusement y pense…

  5. Thierry Bouillot - Usabilis

    Article très intéressant qui montre que les possibilités techniques ne sont pas inaccessibles. La mise en conformité des sites web des administrations publiques au regard des standards d’accessibilité (texte bientôt voté et basé sur la RGAA), va permettre d’influencer d’autres acteurs du web. Les arguments pour plus d’accessibilité sur le web sont largement pertinents puisque nous avons tous à y gagner. Le respect des règles des normes de la W3C (WCAG, WAI, etc.) favorise des pratiques plus rigoureuses chez les développeurs informatiques, augmente fortement la qualité du référencement et surtout améliore l’utilisabilité pour tout type de public.

  6. Gluts

    Excellentes informations ! Je travaille actuellement sur un projet de développement de site web à vocation à être consulté par des internautes handicapés, et je découvre beaucoup d’informations pour développer mon site.
    Merci beaucoup !

  7. bmenant

    Votre article est précieux !

    Sur le Web, les personnes handicapés sont trop souvent silencieuses.
    Beaucoup d’extraterrestres (dotés de 2 turbo-cerveaux, d’une dizaines de paires d’yeux ultra-sensibles et de quatre oreilles orientables à 360°) s’expriment à leur place ; expliquant les enjeux et les problématiques posées par l’(in-)accessibilité. Leurs discours sont brillants, mais il leur manque le "vécu"…

    Autrement, pour faire écho à l’article, il y a quelques mois, j’ai découvert que Google proposait un outil de sous-titrage automatisé pour YouTube : http://www.blogoergosum.com/1376...

    @+

  8. brewstera

    Merci à vous pour toutes ces infos !!!
    je suis maman d’un fils sourd à 80 % qui parle la LSF mais pas nous malheureusement, sauf quelques petits signes
    C’est mon fils qui nous traduit quand il reçoit ses amis à la maison et là on se rend bien compte de leur solitude lorsqu’ils sont entourés d’entendants et ne peuvent participer aux discutions

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